37,4 % des étudiants en surpoids ou obèses: Aït Messaoudene tire la sonnette d’alarme
S’appuyant sur une étude algérienne selon laquelle 37,4 % des étudiants sont en surpoids ou obèses, Mohamed Seddik Aït Messaoudene plaide pour une prise en charge globale et multidisciplinaire.

Par Riad El Hadi
Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a insisté sur la nécessité d’intensifier les efforts de prévention et de dépistage précoce de l’obésité, en particulier dans les milieux scolaire et universitaire. Il s’est appuyé sur une étude algérienne montrant que 37,4 % des étudiants universitaires souffrent de surpoids ou d’obésité, dont 11,3 % d’obésité.
Son allocution a été prononcée en son nom par son directeur de cabinet, le Dr Hadj Mati Khelil Réda, lors de l’ouverture du 4e Congrès national et du 2e Congrès international de la Société algérienne de l’obésité et des maladies métaboliques, tenus jeudi à l’hôtel Sheraton d’Alger.
Une étude menée auprès de plus de 1 000 étudiants
Selon le ministre, cette étude, réalisée par la Société algérienne de l’obésité et des maladies métaboliques en collaboration avec l’Institut national de santé publique, a porté sur un échantillon de 1 062 étudiants. Ses résultats appellent à renforcer les mesures préventives et le diagnostic précoce afin de freiner la progression de la maladie.
M. Aït Messaoudene a souligné que l’obésité n’est plus un simple excès de poids : c’est une maladie chronique, complexe et multifactorielle, et l’un des principaux défis de santé publique, en raison de son lien étroit avec plusieurs pathologies chroniques, dont le diabète de type 2, l’hypertension artérielle, les troubles lipidiques et les maladies cardiovasculaires et hépatiques.
Une prise en charge globale et multidisciplinaire
Le ministre a appelé à une approche globale et intégrée, reposant sur une prise en charge multidisciplinaire : évaluation médicale, nutrition thérapeutique, accompagnement psychologique et activité physique, auxquels s’ajoutent, selon les indications médicales établies, le traitement médicamenteux et la chirurgie.
Il a également évoqué le lien étroit entre obésité et diabète, en insistant sur l’importance de renforcer la complémentarité de leur prise en charge, notamment à travers le concept de « diabète associé à l’obésité ». Il s’agit d’élargir l’approche thérapeutique à la prévention des complications cardiaques, rénales et métaboliques, et d’améliorer la qualité de vie des patients.
Il a mis en avant l’importance de la prise en charge des troubles lipidiques, de l’hypertension et de la stéatose hépatique associée à un dysfonctionnement métabolique, relevant que les études algériennes montrent des taux de prévalence élevés de ces pathologies chez les personnes obèses, ce qui impose un diagnostic et une intervention précoces.
Stratégie nationale et rôle des sociétés savantes
Concernant le développement du système de santé national face aux maladies chroniques, le ministre a affirmé que la stratégie adoptée repose sur une vision intégrée : renforcement de la prévention, développement des capacités des établissements de santé, valorisation des compétences nationales, encouragement de la recherche scientifique et amélioration de la qualité de la prise en charge.
Il a salué le rôle central des sociétés savantes, au premier rang desquelles la Société algérienne de l’obésité et des maladies métaboliques, dans l’accompagnement des efforts nationaux : diffusion du savoir médical, développement de la formation continue, contribution à l’élaboration de recommandations et de protocoles thérapeutiques, et encouragement des études de terrain.
Il a cité l’expérience des deux unités spécialisées dans la prise en charge de l’obésité de l’établissement public hospitalier (EPH) « Djillali Belkhenchir », qu’il considère comme un modèle prometteur, au vu des données scientifiques qu’elles fournissent sur les caractéristiques des patients et les maladies associées. Il a souligné la nécessité d’étendre cette expérience à l’échelle nationale.
Le ministre a par ailleurs remercié le président de la Société, le Pr Ammar Tebaibia, et ses membres pour la confiance qu’ils lui ont témoignée en proposant qu’il devienne président d’honneur de la Société, y voyant une mission dont il est fier.
Le directeur de cabinet a, au nom du ministre, déclaré ouverts les travaux du congrès, qui réunit des experts, des professeurs et des chercheurs ainsi que des représentants d’organismes et d’institutions nationales et internationales. Au programme : les avancées scientifiques et médicales dans le domaine de l’obésité et des maladies métaboliques, l’échange d’expériences et les moyens d’améliorer la prévention, le diagnostic et la prise en charge.
R. E.




