Rénovation des hôtels publics: De graves anomalies relevées par la Cour des comptes

Dans son dernier rapport à remettre au président de la République, la Cour des comptes consacre un long dossier à la rénovation des structures hôtelières dépendantes du secteur public.

Son rapport estime qu’à la « date du 30 novembre 2022, soit plus de 11 ans après son lancement, le plan de rénovation et modernisation (PRM) n’a pas été achevé et a connu un dépassement significatif de son coût prévisionnel, passant de 73,926 Mrds de DA pour 63 unités à 126,12 Mrds de DA pour uniquement 27 unités achevées et 14 en cours de réalisation ».

Pis, la conduite des projets de modernisation, par le groupe et ses filiales, « n’a pas permis l’atteinte des objectifs assignés au PRM. Bien plus, ces filiales ont cumulé un endettement insoutenable dont le montant consolidé des engagements, au 31 décembre 2021, a atteint 117,521 Mrds de DA dont 73,447 Mrds de DA ont été effectivement consommés. La quasi-totalité d’entre- elles ont enregistré des déficits d’année en année, accentués en 2020 du fait de la pandémie de la Covid-19. Cette situation risque de remettre en cause la pérennité de l’exploitation de plusieurs filiales dont quatre sont déjà tombées, à compter du 31 décembre 2017, sous les dispositions de l’article 715 bis-20 du code de commerce », notent encore les juges de cette institution de contrôle.

Dans le détail, le rapport porte sur la réhabilitation et la modernisation de 61 structures hôtelières et la création de deux (02) nouvelles unités, à savoir : un centre de remise en forme sur le site de Thalasso de Sidi-Fredj et un centre de Thalasso sur le site du complexe touristique des Andalouses.

Il explique que pour mener ces opérations, « la gestion, le suivi et la supervision n’ont pas été à la hauteur de l’importance du programme » et note un «recours excessif et injustifié aux avenants », dont certains ont été conclus hors délais contractuels ».

Plus que cela, « sur les 63 unités hôtelières ciblées dans le PRM seules 34 d’entre-elles ont été achevées dont une unité nouvelle, à savoir Thalasso les Andalouses, soit 54% de l’objectif. De plus, sept (07) unités parmi les 34 déclarées achevées, n’ont été achevées que partiellement, ce qui ramène le taux réel de réalisation à 43%. »

Pourtant, la baisse des capitaux propres au-dessous du quart du capital social tombe sous les dispositions de l’article 715 bis 20 du code de commerce qui stipule que « si du fait des pertes constatées dans les documents comptables l’actif net de la société devient inférieur au quart (il faut) convoquer l’assemblée générale extraordinaire à l’effet, de décider s’il y a lieu la dissolution de la société ».

Or, plusieurs années après, ces entreprises «fonctionnent» encore !

Akli O.

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