Mystère autour du limogeage de Karim Younes: De la médiation à la méditation

Son limogeage suscite encore beaucoup de questionnements.

Le concerné lui même avoue l’avoir appris au même temps que tous les algériens .  La forme entourant cette fin de fonction ressemble plus à une humiliation qu’à une sanction. Probablement que c’était le but…du moins le message.

Karim Younes, que certains médias à l’instar de la chaine El Magharibia ou du quotidien El watan ont tenté de faire parler s’est limité à reconnaitre qu’il était surpris de cette éviction et surtout du mode opératoire.

Le desormais ex médiateur a-t-il commis une faute grave ? Se serait il rendu encombrant?

Des speculations et des rumeurs , farfelues ou plausibles sont en train d’enflammer les lectures livrées sur les reseaux sociaux et quelques articles de presse. Certains y vont jusqu’à fouiller la vie privée de l’ex médiateur.

Sans pour autant avancer une quelconque raison de la décision, Karim Younes, nommé le 17 février 2020 au poste du médiateur de la République, a été limogé mardi dernier, par le président de la République Abdelmadjid Tebboune.

Il a été remplacé par Brahim Merad, qui occupait jusque-là le poste de Conseil auprès du Président de la République chargé des zones d’ombre.
Pourquoi donc, a été-t-il donc « éjecté » de son fauteuil à la veille de l’entame de la campagne électorale en prévision des prochaine législatives du 12 juin? Une simple coïncidence ?

Comme beaucoup d’autres « limogeages », d’ailleurs, on n’en saura peut être jamais les véritables raisons. Du moins la version «officielle».

L’ex médiateur de la République, a d’ailleurs regretté le fait qu’il « apprenne » son limogeage «dans la rue ».
Il affirme en effet dans une déclaration faite à nos confrères d’El Watan le mercredi 19 mai, n’avoir reçu aucune notification concernant son éviction, et qu’il a appris la nouvelle par «le bouche à oreille».
«Dans la nouvelle Algérie, on apprend son limogeage dans la rue ! Autres temps, autres mœurs. Le principal concerné n’est pas informé. C’est terrible », relate-t-il.

Quant aux raisons de son limogeage, Karim Younes a évoqué sa proposition d’ouvrir un dialogue sans exclusion.
« J’ai parlé de la corruption et j’ai insisté sur le dialogue. J’ai plaidé pour un consensus général et l’ouverture des portes du dialogue avec toutes les franges de la société. Dans le cas contraire, nous allons droit dans le mur. Apparemment, ce discours dérange, et pourtant c’est la réalité du terrain», a indiqué l’ancien président de l’Assemblée populaire nationale (APN).

Quoi qu’il en soit, dans une Algérie où toutes les décisions sont unipétales, il à se demander de l’apport d’une telle instance pour le commun des citoyens.
Il est vrai que Karim Younes a eu quelques sorties sur le terrain, « à la rencontre des Algériens », mais une autre question reste sans réponse : Les doléances (et elles se comptent en milliers) soulevées par ci, par là, ont-elles eu un écho favorable auprès des instances concernées sachant que même un des délégués locaux du médiateur de la République (celui de Guelma) avait été insulté et agressé par le chef de cabinet de l’ex ministre de l’Industrie Ferhat Aït Ali en février dernier ?

A se demander ainsi de l’efficience de ce poste considéré comme une « instance d’appel non judiciaire » et un « trait d’union entre le pouvoir, la société civile et les citoyennes victimes d’injustice ou de dépassement de le part de l’administration » si ce n’est pour « bouffer » des millions de DA vu le budget qui lui est alloué.
Brahim Merad fera-t-il « mieux » que Karim Younes ?

Attendons pour voir.

Y.O

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