Lutte contre les inondations : un projet «vital» en souffrance à Bachdjarah

Il y a à peine quelques jours , des habitants du quartier de Badjarah ont organisé , vidéos à l’appui , une fête bien singulière : le deuxième anniversaire d’un « fameux trou », cette cavité ouverte sur la chaussée , capable d’avaler des véhicules avec ses dangereuses dimensions.

La «cérémonie» a fait le tour de la toile.

Une manière bien originale pour interpeller les responsables des collectivités locales et espérer les secouer.

Au delà de la mise en scène avec une touche humouristique livrée par quelques citoyens du quartier , une triste et surtout dangereuse réalité remonte à la surface pour livrer une vérité implacable : les habitations érigées autour de cet endroit courent un gros risque.

Situation qui produit un véritable casse tête aussi bien pour les autorités locales notamment la wilaya d’Alger d’un côté et les habitants de cette partie du quartier de Badjarah dont les maisons ont été construites sur le lit d’un Oued .

Aujourd’hui le fameux trou a été bel et bien pris en charge par les services compétents de la wilaya qui ont dû procéder à un travail d’urgence « en dépit d’une certaine opposition» nous dit on au niveau des services de la wilaya d’Alger.

En réalité , il y a un grand projet qui impose l’aménagement de Oued Ouchayeh . « projet long de 5 kms 500 qui traverse 5 communes: Megharia, Kouba, Hussein dey , el Harrach et Bachdjarah.» nous apprend Monsieur Nacef , le chef de service Assainissement au niveau de la direction des ressources en eaux de la wilaya d’Alger.

Ce dernier insiste sur l’impératif de réaliser ce projet eu égard aux risques encourus par les habitants environnants.

Il rappelle que le fameux trou sur la voie publique révèle une vieille galerie sur un ancien lit de l’oued et cela explique l’effondrement.

Notre interlocuteur indique « nous avons balisé les lieux pour sécuriser les citoyens. Et nos services ont recouru à un système de bétonnage sur place par le biais des monolithes, une technique qui offre une meilleure sécurité…».

Par contre devant la menace qui persiste sur la sécurité des citoyens notamment les habitations érigées sur les rives de l’ancien lit de l’oued , les autorités se heurtent à une sérieuse contrainte : Convaincre les habitants sur ces risques et proposer leur évacuation.

Les quartiers concernés sont ceux de la «rue A» .

Le projet est à l’arrêt « à cause de cette contrainte. Pourtant nous avons atteint un taux d’avancement de 80% . Le point de départ de ces travaux va de Ain Naadja et devra parvenir jusqu’à la station d’épuration de Baraki. Il nous reste ces 1400 mètres à finir. Et ce pour une répartition des eaux aussi bien pluviales que les eaux usées ».

L’objectif étant de contenir tout risque d’inondation et de dégâts pouvant naître d’une forte pluviométrie et éviter les grandes crues qui peuvent s’annoncer désastreuses d’autant « que l’on parle de maisons autour d’un oued».

Ces habitations , ajoute notre interlocuteur sont situées sur le domaine public hydraulique et « seule une procédure d’utilité publique peut s’avérer comme solution pour trouver les moyens légaux d’intervenir pour éviter le danger».

Monsieur Nacef évoque le risque de la Crue centennale dont le niveau peut atteindre les «37 m3 par seconde» .

C’est dans cet objectif que le projet est rendu indispensable voire vital . Le seul moyen technique d’assurer une meilleure répartition des eaux pluviales et celles de l’oued afin d’en ralentir les gros débits en procédant à des interventions techniques par systèmes de réduction progressive des écoulements tout au long de ces 5500 mètres à réaliser.

La zone en question est présentée comme vulnérable voire classée à risque en raison de la forte probabilité de débordement de l’oued …

Il est attendu qu’une décision d’évacuation des habitants pour utilité publique soit prise dans les meilleurs délais. La responsabilité de tous est désormais engagée.

Voilà au final , la vérité cachée au fond de ce trou qui a eu droit à une… fête !

A.A

 

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