La colère de Saïda Neghza contre le premier ministre et le CREA: Elle accuse et dénonce

Elle charge le CREA ( Conseil du Renouveau Economique Algérien) et le soupçonne d’être la réincarnation du FCE . 

La présidente de la confédération  générale des entreprises Algériennes ( CGEA ) , Madame Saïda Neghza exprime sa colère contre le Premier Ministre et s’en prend également frontalement à la nouvelle organisation patronale, le CREA que dirige,Kamel Moula, le patron des laboratoires cosmétiques Vénus.

Dans une vidéo de 10 minutes,  postée ce mercredi sur sa page Facebook, Neghza n’y va pas par trente six chemins, ne mâchant pas ses mots, elle soupçonne directement Aïmene Benabderrahmane de privilégier le CREA qu’elle qualifie «de nouveau né» , mais qui est néanmoins le premier à être reçu par le premier ministre dans le cadre des consultations sur la relance économique.

Il y a deux ou trois jours , rappelle-t-elle , le premier ministre a reçu le président du CREA , Kamel Moula , qu’elle cite nommément,et dont elle dit qu’il se présente comme un protégé du président Tebboune .

Elle souligne que Tebboune est le président de tous les algériens et qu’il n’a eu besoin de personne pour être élu démocratiquement «même si la majorité n’a pas voté , le président a été loyalement et démocratiquement  élu. Personne ne peut le contester»  selon Neghza qui soupçonne le CREA d’emprunter la même démarche que l’ex FCE de « Ali Haddad qui a ruiné le pays».

Elle rappelle qu’elle a dénoncé tant de dérapages et qu’elle n’a pas gardé le silence pour s’élever contre les pratiques frauduleuses de l’ex FCE du temps de la toute puissance des Haddad, Saïd Bouteflika, Sellal et Ouyahia.

« Ce n’est pas maintenant que je vais me taire» poursuit la présidente de la CGEA qui n’accepte pas  de se taire , alors que «l’on assiste à la reproduction des erreurs du passé et surtout à la naissance d’une nouvelle bande ( issaba ) » .

Elle crie ouvertement sa colère allant jusqu’à déclarer qu’elle est prête à aller en prison et qu’elle demeure déterminée à livrer ses vérités à l’opinion publique qu’elle prend à témoin.

« Oui je suis prête à aller en prison si mes vérités devaient me conduire à ce sacrifice» lance-t-elle.

« j’assume mes responsabilités . Nous voulons être respectés. Notre organisation a été honorée à l’étranger , que ce soit au BIT ou ailleurs où nous avons fait honneur à notre pays».

Il est vivement « urgent d’ouvrir une enquête sur la composante de ce CREA. J’invite le ministre de la justice à s’intéresser à ce dossier », déclare la patronne de la CGEA.

Neghza défend la valeur de son organisation et s’insurge contre le fait  que la CGEA ne soit pas au premier rang de ces rencontres initiées par le chef de l’exécutif. Elle invite d’ailleurs ce dernier à aller s’informer auprès de son ministre du travail pour « comprendre et mesurer le statut tant national qu’international dont jouit la CGEA » .

Déclarant ne pas être opposée à la création de nouveaux patronats, elle refuse de se voir reléguée au second rang et s’interroge sur la place suspecte que l’on veut accorder au CREA alors que plusieurs  membres de ce dernier patronat , ajoute-t-elle, traînent encore une réputation plutôt inquiétante. Elle dénonce la présence de groupes économiques publics au sein du CREA et cite comme exemples , les banques , Naftal et Cosider entre autres.

« Nous sommes dans le même scénario que le FCE. Il y a un risque évident de voir les capitaux publics se mêler à ce climat » lance-t-elle , non sans épingler le patron de COSIDER .

Ce dernier, le président de COSIDER dirige une organisation  des entreprises publiques ( UNEP ) et se retrouve dans le même temps , membre du CREA, soutient Madame Neghza qui trouve cette configuration porteuse de soupçons et de risques.

La sortie de Neghza intervient justement le même jour où Aimene Benabderrahmane a reçu une délégation de la CIPA (confédération des industriels et producteurs algériens)  conduite par Abdelouahab Ziani. C’est le deuxième patronat après le CREA à avoir été convié à ces rencontres.

Enfin, s’adressant au premier ministre, » je ne répondrai pas à votre invitation  » . Et de jurer «Même si vous resterez 20 ans à la tête du gouvernement , je ne mettrais pas les pieds dans vos bureaux . Vous n’avez qu’à chercher à voir qui sont réellement les organisations représentatives qui se sont tant sacrifiées pour le pays».

La CGEA est à titre de rappel, la seule organisation algérienne , membre dans le bureau exécutif de l’organisation internationale du travail. Elle est également en bonne place dans la plus grande organisation mondiale de l’emploi (OIE , organisation internationale de l’emploi) qui rassemble plus de 50 millions de travailleurs. En Afrique elle préside le plus grand patronat alors qu’elle est également vice présidente de Business Med (pays d’Europe et de la Méditerranée) .

ABN

 

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