Indisponibilité du pain : À qui la faute ?

Les Algériens ne savent plus où  donner de la tête. Au manque de certains médicaments dans les officines, de l’oxygène médical dans nos structures de santé, de la liquidité dans bon nombre de bureaux de poste, du lait en sachet, vient s’ajouter l’indisponibilité du pain dit «ordinaire » chez les boulangers.

La baguette du pain à 10 DA, se fait en effet de plus en plus rare ces derniers jours. A la place, du pain « amélioré » est proposé par les boulangers à partir 15 DA.

Le prix de la baguette a-t-il été augmenté par l’Etat ? Non.

Les boulangers comme la plupart des commerçants, n’en font qu’à leur tête mettant ainsi les consommateurs dans l’embarras.
Il faut en effet, imaginer les « dépenses supplémentaires » d’un père de famille smicard, contraint de s’acheter plus de cinq baguettes/jour. «Les boulangers nous imposent du pain soi-disant amélioré, parsemé de semoule ou de quelques graines de nigelle, à 15 dinars, voire à 20 dinars»,  confie l’un d’entre eux à nos confrères du Soir d’Algérie.

Que se passe-t-il au juste ?

En l’absence total du ministère concerné, les boulangers font la loi. Ces derniers incombent la situation à « des augmentations successives des prix des intrants ».

Le président de la Fédération nationale des boulangers affiliée à l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), Youcef Kalafat, cité par le même quotidien, confirme qu’effectivement, la baguette de pain de 10 dinars manque dans pas mal de boulangeries. «Il y a une augmentation monstre sur les prix de la levure et des améliorants», précise-t-il.

« Ces deux produits, indispensables pour la confection du pain, connaissent chaque trimestre, depuis le début de 2021, une augmentation de prix de 10 à 15%. », explique-t-il relavant dans le même contexte que le «boulanger se trouve dans le pétrin car il ne s’en sort pas avec l’actuelle marge bénéficiaire sur la baguette de dix dinars ».

« S’il se contente uniquement de la fabrication de cette baguette, il ira droit vers la faillite. Il est donc obligé de l’arrêter et de se pencher sur la fabrication d’autres pains dont les prix sont libres, tels que le pain de son, le pain de semoule, le pain d’orge et le pain complet», a-t-il argué.

Soulignant la « faiblesse de la marge bénéficiaire du boulanger », Youcef Kalafat rappelle que son organisation a toujours revendiqué son amélioration. «C’est à l’État de trouver une solution pour que le boulanger ait une marge bénéficiaire qui lui permettra de poursuivre son activité», dit-il.

Sauf qu’en l’état actuel  des choses, les boulangers ont vraisemblablement « décidé » unilatéralement d’augmenter le prix de la baguette, pourtant fabriquée avec de la farine subventionnée sans pour autant prendre en compte les conséquences d’un tel « verdict », alors que le ministere du Commerce est  aux abonnés absents…..

Y.O

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