Face à l’égoïsme économique mondial: L’urgence algerienne autour des compétences

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a évoqué la possibilité d’injecter, durant l’année en cours, un montant de l’ordre de 12 milliards de dollars de réserves de change dans des financements d’investissements.

Cette annonce a été lors de l’ouverture des travaux de la conférence nationale sur le plan de relance économique qui a réuni, les membres du gouvernement avec des représentants d’organisations patronales et de la centrale syndicale.

 

Il a indiqué en outre que l’encours total de ces réserves en devises, représentant l’épargne du pays, « se situe actuellement à 57 milliards de dollars », contre un stock d’environ 62 milliards de dollars au début de l’exercice en cours.

Les réserves de change dans notre pays sont utiles pour deux raisons : palier au déficit commercial en payant les importations, et aussi, stabiliser les taux de change de la monnaie nationale.

 

D’après le FMI, dans la pratique, un niveau réaliste de réserves de change doit pouvoir couvrir les besoins de la population en termes de couverture des importations.

 

Selon la règle, la détention d’assez de réserves pour honorer les obligations financières à un an sans avoir à dépendre de sources externes devrait être suffisante pour résister aux grands chocs extérieurs.

Le ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement a rassuré que tel « que fixé dans la Loi de finances actuelle, à 44,2 mds,ce niveau de réserves de change équivaut à une année d’importation, » a-t-il souligné.

Avec sa réserve de change actuelle amoindrie  de 12 milliards, l’Algérie peut-elle stabiliser le taux de change de sa monnaie nationale qui continue sa chute face à l’euro notamment ?

Peut-elle résister au choc mondial inévitable perdurant dans les 5 années à venir provoqué par la pandémie du coronavirus ?

La contraction de l’économie mondiale dûe à la pandémie du coronavirus prévue pour 2020 sera de l’ordre de 4,8% selon les spécialistes. Le FMI anticipait une récession planétaire à 3%.

Au Royaume-Uni, la Banque d’Angleterre prévoit une chute de 14% du PIB cette année, tandis que la Commission européenne prévoit -7,7% pour la zone euro.

Les pays émergents et en développement paieront un lourd tribut à la crise sanitaire du Covid-19. Tant en termes de production potentielle que de productivité indique la banque mondiale.

Economiquement parlant, le virus du Covid-19 va laisser des « cicatrices durables » pendant plusieurs années. C’est l’un des constats de la Banque mondiale dont une partie de son rapport sur les perspectives économiques globales.

Les dommages à long terme seront particulièrement graves pour les pays subissant une crise financière et chez les exportateurs de pétrole en raison de la chute des cours.

En moyenne, d’ici à 5 ans, une récession conjuguée à une crise financière réduirait le potentiel de production de près de 8%.

Pour les pays exportateurs de pétrole, une récession combinée à une chute des cours de l’or noir réduirait ce potentiel de 11%. Précise la banque mondiale

Côté productivité, la Banque mondiale part d’un constat : les épisodes précédents de pandémies (SRAS, MERS, Ebola et Zika) ont généré des effets négatifs persistants dans les pays touchés.

Au sein de ces derniers, ces crises ont été associées à une baisse de 6% de la productivité du travail cinq ans après. En particulier, l’investissement a été, en moyenne, d’environ 11% inférieur cinq ans après les événements.

D’importants bouleversements risquent donc d’affecter les relations économiques internationales. Les mesures prises pour contenir la pandémie remettent notamment en question la viabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales qui ont pourtant été le fondement de la croissance des pays émergents et en développement au cours des deux dernières décennies, alerte la Banque mondiale.

Les pays développés et émergents vont devoir reconstruire leurs économies et la devise « chacun pour soi » sera de mise dans les prochaines 5 années au moins.C’est ainsi que tous les pays du monde mobilisent leurs moyens propres pour relancer leurs économies.

Le cumul d’un plan de relance annoncé fin mars et d’un plan d’aide aux PME et aux hôpitaux adopté fin avril aux États-Unis est de l’ordre de 2.700 milliards de dollars.

L’Union européenne a mobilisé 1.000 milliards d’euros. Il pourrait être l’élément principal d’un ensemble de mesures faisant aussi appel à l’investissement privé, pour un total de 2.000 milliards.

L’Allemagne a adopté fin mars un plan de près 1.100 milliards d’euros, tandis que la France a mis en place des prêts garantis par l’État pour 300 milliards et un plan d’action pour 110 milliards.

L’Inde a annoncé un plan de 250 milliards d’euros, soit 10% du PIB, tandis que la Chine débloque 130 milliards d’euros en faveur des PME, qui créent la majorité des emplois.

Notre pays a un tant soit peu mobilisé 12 milliards qu’on va soustraire aux réserves de change, cela va peut-être aider à mettre en œuvre quelques investissements dans des secteurs stratégiques qui ne pourront pas à eux seuls nous mettre à l’abri des aléas attendus pour les 5 années à venir.

En plus, la dégradation de la conjoncture pétrolière depuis le début de l’année en cours dans le sillage de la crise mondiale va certainement perdurer provoquant l’effondrement de l’épargne du pays qui devrait cependant suivre une tendance encore plus accélérée.

Quelle solution pour l’Algérie face à cette crise économique mondiale aiguë ?

Antoine Claude Gabriel Jobert ; dans le trésor de pensées (1852) disait « Dans ce monde d’égoïstes, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes ».

L’Algérie va vivre dans un monde d’égoïstes dans les prochaines 5 années et ne peut compter que sur ses propres moyens et sur son peuple.

Un plan quinquennal consensuel d’urgence doit être mis en place par une conférence nationale à laquelle sera convié l’ensemble des forces vives de la nation et pour lequel on doit mobiliser des commis de l’Etat compétents et meneurs d’hommes.

À bon entendeur…

Docteur Rafik Alloui

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