Éventuelle Reprise diplomatique avec l’Espagne: Alger pose ses conditions…

Pour un éventuel retour de son ambassadeur à Madrid : L’Algérie exige des «clarifications préalables et franches».

L’ambassadeur algérien rappelé en mars dernier, suite aux déclarations des plus hautes autorités espagnoles constituant un «brusque revirement» de position concernant le dossier du Sahara occidental, ne serait pas de retour dans son poste.

Du moins pour le moment selon l’Envoyé spécial chargé de la question du Sahara occidental et des pays du Maghreb au ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger.

«Le retour de l’ambassadeur d’Algérie à Madrid sera tranché souverainement par les autorités algériennes dans le cadre de clarifications préalables et franches pour reconstruire une confiance sérieusement abîmée sur la base de principes clairs, prévisibles et conformes au droit international», a en effet affirmé ce lundi, Amar Belani, dans une déclaration.

S’agissant de ceux qui spéculent naïvement sur «une colère passagère de l’Algérie, ils ne sont pas en phase avec la réalité», a-t-il encore soutenu.

C’est dire que la brouille entre les deux pays, pourrait s’installer dans la durée. Amar Belani, a également réagit la dernière déclaration du chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, affirmant qu’il s’agit « de propos formulés avec une légèreté déconcertante, qui correspondent à la volonté de s’auto-absoudre de la lourde responsabilité personnelle dans l’adoption de ce surprenant revirement sur la question du Sahara occidental qui rompt avec la position d’équilibre traditionnelle de l’Espagne».

«En se dédouanant, de manière aussi candide, il a laissé entendre que la nouvelle position du gouvernement espagnol sur la question du Sahara occidental est conforme aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et qu’elle s’aligne également avec la position d’autres pays. En ce faisant, il semble oublier que l’Espagne a une responsabilité particulière, tant sur le plan moral que juridique en sa qualité de puissance administrante de juré (statut rappelé en 2014 par l’Audiencia nacional) et en sa qualité de membre du Groupe des amis du Sahara occidental auprès du Secrétaire général des Nations unies», a déploré le diplomate algérien.

Pour lui, la démarche qui consiste à relativiser la gravité de ce changement de la position du gouvernement espagnol sur la question du Sahara occidental en la comparant avec la position de certains pays sur l’autonomie est «abusive et ne reflète pas la réalité».

Il rappelle que l’administration américaine évoque «une approche potentielle», quand la France indique que c’est «une base» et que le gouvernement allemand s’est exprimé sur cette option en la qualifiant de «base possible».

Pour M. Belani, «on est bien loin de l’affirmation péremptoire au sujet de l’autonomie qui serait la base la plus sérieuse, réaliste et crédible, ce qui équivaut à la reconnaissance indue de la marocanité du Sahara occidental, un territoire non autonome dont le statut final reste à déterminer et qui est éligible à l’autodétermination conformément à la légalité internationale».

Y.O

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer