En dépit du véto US, l’Algérie déterminée à faire entendre la voix de la Palestine au sein du Conseil de Sécurité

L’Algérie ne cesse de réitérer sa « détermination inépuisable » à poursuivre ses démarches au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, pour le pousser à assumer entièrement ses responsabilités et à appeler à un cessez-le-feu à Ghaza où les massacres sionistes contre le peuple palestinien désarmé se poursuivent dans l’impunité la plus totale.

Dès l’entame de son mandat en janvier 2024 en tant que membre non-permanent du Conseil de sécurité, l’Algérie, sur instructions du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a intensifié ses efforts pour faire entendre haut et fort la voix du peuple palestinien au sein de cet organe central de l’ONU en convoquant des réunions d’urgence consacrées à cette cause juste.

Cependant, les efforts d’Alger se heurtent à l’incapacité du Conseil de sécurité à s’élever à la hauteur des appels et aspirations des peuples notamment après son énième échec mardi à appeler à un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Ghaza, suite au veto opposé par les Etats-Unis lors du vote sur un projet de résolution présenté par l’Algérie dans ce sens.

Regrettant cet échec, l’Algérie, par la voix de son représentant permanent auprès des Nations unies, Amar Bendjama, a réaffirmé qu’elle « ne s’arrêtera pas jusqu’à ce que le Conseil de sécurité assume pleinement ses responsabilités et appelle à un cessez-le-feu ».

« Ce soir, nous enterrons nos martyrs en Palestine. Demain, l’Algérie reviendra au nom de la Nation arabo-musulmane et des hommes libres de par le monde, et avec nous, les âmes des milliers d’innocents assassinés par l’occupant israélien dans l’impunité la plus totale, pour frapper aux portes du Conseil et exiger l’arrêt du bain de sang en Palestine », avait réagi M. Bendjama dans son intervention après le vote.

Et d’insister: »Nous ne nous arrêterons pas tant que ce Conseil n’aura pas assumé son entière responsabilité et appelé à un cessez-le-feu, car notre volonté est de fer et notre détermination est inépuisable ».

Pour rappel, l’Algérie a présenté le projet de résolution pour des raisons humanitaires. Treize Etats ont voté en faveur de ce texte, tandis que le veto américain a été dénoncé par plusieurs pays y voyant pour certains un « feu vert » à l’entité sioniste pour perpétrer davantage de massacres en Palestine occupée.

Poursuite des mesures juridiques pour poursuivre les criminels sionistes.

Parallèlement aux efforts diplomatiques de l’Algérie en vue de mettre fin à l’injustice historique que subit le peuple palestinien, la procédure judiciaire intentée par l’Afrique du Sud contre l’entité sioniste devant la Cour internationale de Justice (CIJ) à La Haye pour violation de la Convention sur le génocide de 1948, se poursuit, et l’occupant sioniste est désormais appelé à se conformer aux mesures conservatoires décidées fin janvier par la Cour à savoir: Arrêter de cibler des civils palestiniens, sanctionner les responsables sionistes incitant à la violence et autoriser l’entrée sans obstacles de l’aide humanitaire à Ghaza, où plus de 29.000 martyrs ont été enregistrés jusque-là.

Dans ce contexte, la CIJ a entamé lundi dernier les audiences publiques auxquelles une cinquantaine de pays prennent part dont l’Algérie, et ce suite à l’adoption, en décembre 2022 par l’Assemblée générale des Nations unies, de la résolution 247/77, qui demande un avis consultatif de la Cour sur les violations sionistes des droits de l’Homme dans les territoires palestiniens occupés.

Sur instructions du président de la République, l’Algérie a souligné mardi dans son plaidoyer devant la CIJ  à La Haye, l’importance de se soumettre aux lois internationales relatives à l’occupation et de les faire respecter.

« L’Algérie est profondément convaincue que l’impunité est la première loi des oppresseurs. Notre fonction est de leur dire qu’il y a une loi et que celle-ci doit être respectée et que ce n’est pas une loi de vengeance, mais de justice, c’est dans état d’esprit que l’Algérie réitère les demandes qu’elle a exprimées dans ses écrits antérieurs », a plaidé le professeur en droit international et membre de la Commission du droit international à l’ONU, Ahmed Laraba, dans son exposé devant la CIJ, au nom du groupe des juristes algériens.

L’Algérie a fait son plaidoyer après avoir participé aux différentes étapes précédant ces audiences. Elle a, déjà, présenté un réquisitoire et formulé des observations sur les exposés écrits d’autres pays conformément aux différentes mesures annoncées par la CIJ dans ce sens.

Toujours dans le cadre de ses démarches visant à défendre la cause palestinienne, l’Algérie avait lancé, fin 2023, sous la conduite du président de la République, un appel à « tous les hommes libres du monde, les juristes arabes et les instances et organisations
internationales à intenter une action judiciaire devant la Cour pénale internationale (CPI) et les organisations internationales de défense des droits de l’homme », contre les violations de l’entité sioniste, en vue de mettre fin à des décennies d’impunité pour les crimes commis contre les Palestiniens.

En réponse à l’appel du président de la République, une plainte collective initiée par la société civile et appuyée par un collectif d’avocats, dont des Algériens, contre l’entité sioniste pour génocide et autres crimes contre le peuple palestinien à Ghaza et en Cisjordanie occupée, a été déposée le 9 novembre devant la CPI à La Haye.

Aussi, une conférence internationale baptisée « Justice pour le peuple palestinien » a été organisée, fin novembre à Alger, afin de mettre en place une feuille de route à l’effet d’activer tous les mécanismes juridiques permettant de poursuivre les responsables de l’entité sioniste pour leurs crimes contre le peuple palestinien.

Et le soutien indéfectible de l’Algérie à la juste cause palestinienne a été réitéré à de nombreuses occasions: la dernière en date, lors du 37e sommet de l’Union africaine, tenue la semaine passée à Addis-Abeba où le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, M. Ahmed Attaf a, en sa qualité de représentant du président de la République à ce sommet, appelé à contribuer aux efforts diplomatiques internationaux en faveur de la question palestinienne, notamment sur le plan juridique.

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