Ces femmes qui ont osé : Le chemin loin d’être rose…

Le 8 Mars 2022…Bilan des vérités.

Il y a 3 jours, c’était le 8 mars ,  une date importante, sinon la date la plus importante du calendrier féministe depuis 1975, une date dont l’objectif est de célébrer le chemin parcouru par les femmes, une journée censée être celle de la célébration de ses droits, tels que consacrés par l’ONU.

Sur le terrain cette journée pour la femme algérienne est juste un après midi chômé payé, une fête jalonnée d’hypocrisie masculine, de lamentables défilés de mode, de misérables expositions vestimentaires , culinaires…et autres activités d’une indigence à faire pleurer ,alors que le bilan est assez lourd en vérité pour passer à coté .

Depuis près de deux ans, la femme algérienne est touchée de multiples façons par les conséquences du COVID-19, les pertes d’emploi et de revenus, , la surexposition au risque de contamination où les questions de santé mentale et de solitude, il demeure indéniable que les femmes ont subi de plein fouet la crise sanitaire et qu’elles ne sont toujours pas au bout de leur peine.

S’ajoute la violence conjugale et les féminicides, ce crime qui a réussi à réduire les revendications du 8 mars au minimum « Le Droit à la VIE » , une priorité qui ne peut faire l’objet d’un quelconque compromis.

la liste des féminicides en Algérie s’allonge.

En 2021, 55 actes de féminicides ont été recensés, pour cette année on est à 51 victimes sans parler de ceux qui ont été classés juste comme des faits divers, nous avons perdu dernierement le 13 Février 2022, à Boumerdes, Kelthoum Rekhila, 33 ans, assassinée par son ex-conjoint qui l’a frappée et poignardée devant deux de ses enfants. Il la menaçait et la harcelait depuis des années, il avait déjà tenté de l’assassiner avant et était très violent avec elle. Elle était mère de trois enfants .

Le 09 Mars 2021 , le lendemain de la célebration de cette journée de l’an dernier , c’était à Bejaia, Rahima Ibazizine, 44 ans, torturée et assassinée par son frère après qu’elle ait voulu protéger sa fille, Manel Benikhlef, 5 ans (torturée et assassinée aussi) L’assassin voulait la sacrifier pour un rituel.

Des féminicides classés comme faits divers ou des « crimes passionnels », « qu’ils sont moins nombreux que les accidents de voiture…c’est en Algérie que ça se passe.

On a le courage d’avouer bien sûr, qu’il y a eu évolution manifeste de la situation économique et sociale des Algériennes depuis l’indépendance.

Entre éducation, enseignement supérieur, formation professionnelle et emploi, mais avec un résultat bien loin des attentes, sans autonomie véritable.

Et la violence ne cesse pas pour autant. Bien au contraire, elle semble augmenter ; une question posée : Et les institutions ? Et la justice ? Que font-elles pour prévenir ces crimes ? Une preuve ou un acte de décès ?

Elles attendent qu’ils se produisent. L’Etat et les institutions, la justice, doivent mettre en place et appliquer une politique de prévention de la violence avec des mesures concrètes, sévères car la loi seule n’est pas suffisante.

Sur la scène politique , la dernière loi sur les élections a remplacé le système des quotas par une parité sur les listes des candidatures. Cela a marqué une forte régression de la présence des femmes à l’Assemblée nationale passant de 31% en 2012 (l’Algérie était à la 26e place mondiale et à la 1re place dans le monde arabe) à 25,97% en 2017 et à 8,35% (34 élues sur 8 305 candidates) en 2021.

Pour un 8 Mars 2022, on aurait bien aimé un après midi ouvert à la parole, que le conseil de la nation discute nos droits, notre situation, nos revendications en notre présence, que le procureur de la république nous communique les résultats des enquêtes du meurtre de « Chaima, Tinhinane et Kenza » ; des victimes qui nous ont marqué ces dernières années … Hélas!

Pour cela on doit dire la vérité, le combat est long et nos objectifs sont loin d’êtres atteints.

Suivez les traces des GRANDES DAMES qui ont marqué l’Histoire de l’Algérie, chacune dans son domaine à différents périodes,  elles ont réussi à être importantes pour la société algérienne d’hier et d’aujourd’hui ; de Djamila Bouhired, l’icône absolue de la lutte pour l’indépendance de l’Algérie à Wassyla Tamzali cette Algérienne qui dérange toujours par ses propos, elle s’indigne, dénonce et brise les tabous, écrivaine et militante féministe algérienne. Elle est également une ancienne avocate à la Cour d’Alger, ancienne directrice des droits des femmes à l’UNESCO à Paris. 

Oui suivez les pas de la grande Saida neghza, cette Dame qui a réussi à changer la campagne sur les réseaux sociaux “Plastek fel cousina” (ta place est à la cuisine) par celle « Une Femme à la tête de la confédération Générale des entreprises Algériennes  ».

Saïda Neghza est un exemple de femme algérienne qui a su dépasser tous les clivages par sa persévérance et ses compétences, son cas est édifiant .

Présidente du Groupe Soralcof et également de élue à la tête de Business Africa, organisation regroupant 54 représentations patronales africaines, et également membre actif du bureau international du travail, et de l’organisation internationale des employeurs ( 50 millions d’employés) elle a osé tenir tête et dire NON «BASTA » quand il le fallait.

Comment omettre Naima Mahmoudi , l’actuelle directrice et gérante du quotidien le Jour d’Algérie , elle qui , au mois de Mars 1994 reçoit une rafale terroriste. Un attentat en plein jour perpétré à l’intérieur du siège de l’hebdo libéré que dirigeait son époux feu Abderrahmane Mahmoudi. Plusieurs balles logeront dans la tête de Naima qui n’avait que 19 ans en ce 21 mars . Elle reviendra miraculeusement à la vie après un profond coma . Aujourd’hui,armée de ce courage dont le secret est impossible à percer , elle continue à mener son combat, pour que plus jamais on ne puisse se permettre d’oublier .

Pas très loin des grandes réussite, vous avez «Oum Walid », ce  phénomène, cuisinière préférée des Algériens, s’est forgée une célébrité monumentale, grâce à sa spontanéité, sa simplicité et sa modestie .

D’une simple femme au foyer à une femme qui a battu le record sur sa chaîne You tube, en atteignant les 10 millions d’abonnés et décrochant ainsi le trophée diamant.

Chose est sûre ; Les femmes sont au cœur de la construction de notre société et sont de véritables actrices du changement ; Alors osez et restés déterminées…

Nadi.K

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