Ce qui attend l’Espagne dans ses relations avec l’Algérie…

Avec le revirement de l’Espagne concernant le dossier du Sahara occidental les observateurs prévoient une réaction autrement plus conséquente de l’Algérie .

Pour commencer, l’Algérie a  rappelé son ambassadeur à Madrid et a fermé son marché aux productions espagnoles. Elle a d’abord progressivement interdit l’importation de produits agricoles espagnols, en commençant par le bétail, ce qui affecte les intérêts des éleveurs de bovins espagnols.

L’Algérie avait en plus brandi la menace de revoir tous ses accords commerciaux avec l’Espagne. Le gouvernement algérien a annoncé qu’il augmentera le prix du gaz fourni à l’Espagne et qu’il renforcera ses liens plutôt avec l’Italie et éventuellement avec la France pour acheminer du gaz vers l’Europe.

En effet, l’Algérie a signé le 11 avril 2022 un accord visant à augmenter ses livraisons de gaz vers l’Italie.

Selon un communiqué du groupe énergétique italien ENI, l’accord prévoit une croissance progressive allant jusqu’à neuf milliards de mètres cubes de gaz supplémentaires par an, via le gazoduc Transmed qui relie les deux pays en transitant par la Tunisie. Le gaz pourrait également être liquéfié et envoyé par des méthaniers, sachant que « les unités de liquéfaction qui existent en Algérie ne sont exploitées qu’à 50-60% de leurs capacités ».

En outre, l’Algérie a accepté de reprendre langue  avec la France  aux dépens de l’Espagne. La visite du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian est un indice de changement de la position française envers tous les dossiers avec  l’Algérie dictée  par un intérêt vital du gaz.

Ainsi, le ministre Français  a évoqué les questions énergétiques lors de sa visite le 14 avril 2022 à Alger. Il a discuté de la possibilité d’acheminer du gaz algérien vers Paris. Il a aussi abordé les questions alimentaires, car Alger s’inquiète pour ses futures importations de blé, en lien avec la guerre en Ukraine.

Jean-Yves Le Drian et les responsables algériens ont également échangé sur la stabilité en Méditerranée et en Afrique, sur le terrorisme et les défis sécuritaires au Sahel et en Libye.

Selon les observateurs, la France s’efforce de donner un nouvel élan à sa relation avec l’Algérie après une grave crise diplomatique.

« Nous avons poursuivi le travail engagé sur la relance en cours de nos relations bilatérales, essentielles pour chacun de nos deux pays et que nous souhaitons inscrire dans la durée, avec la perspective d’une réunion prochaine du CIHN », le Comité intergouvernemental de haut niveau franco-algérien, a indiqué le ministre français lors de sa visite en Algérie.

En plus de la révision systématique de tous ses accords avec l’Espagne, et  de ce changement de cap vers notamment l’Italie, l’Algérie dispose d’un autre atout qui risque de faire très mal à l’Espagne : c’est le tracé des frontières maritimes de l’Algérie avec l’Espagne en méditerranée, connu par l’île de Cabrera, qui sur le plan du droit maritime international, cette île appartient à l’Algérie et peut en disposer à tout moment pour en faire ce qu’elle veut.

Ce tracé est consacré dans un décret présidentiel du 18 avril 2018.   Cela peut susciter de graves ennuis géopolitiques à l’Espagne.

En somme, l’Espagne est en train de payer une erreur stratégique qui ne devait aucunement être commise en tant qu’ancien pays colonisateur et de surcroit concernant un dossier de décolonisation inscrit dans l’agenda de l’ONU.

Le gouvernement de  Pedro Sánchez  assumera-t-il les conséquences de cette erreur ?

A bon entendeur…

Docteur Rafik Alloui

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