CAN 2021: l’équipe d’Algérie piégée par la jungle des magouilles

L’Algérie championne d’Afrique de l’édition précédente n’a pas pu conserver son titre au Cameroun. Elle est sortie au premier tour. Il s’agit bien de la sortie de la nation Algérie et non d’une équipe nationale de football.

Cette belle citation d’un grand historien anglais confirme bien qu’il s’agit de onze joueurs qui représentent une communauté de millions de gens. En somme une nation :
« Ce qui donna au sport une efficacité unique comme moyen d’inculquer un sentiment national, du moins pour les hommes, c’est la facilité avec laquelle les individus les moins politisés et les moins insérés dans la sphère publique peuvent s’identifier à la nation symbolisée par des jeunes qui excellent dans un domaine où presque tous les hommes veulent réussir ou l’ont voulu à une époque de leur vie. La communauté imaginée de millions de gens semble plus réelle quand elle se trouve réduite à onze joueurs dont on connaît les noms (Hobsbawm, 1992, p. 143). »

Une fois de plus, Eric Hobsbawm avait vu juste, ce que confirmera l’organisation de compétitions continentale et mondiale, avec ces centaines de milliers de spectateurs affluant de tout bord pour assister à la compétition,  parfois rassemblés dans la rue devant des écrans géants pour suivre les  exploits de leur équipe nationale favorite.

Fabien Archambault, Stéphane Beaud et William Gasparini disaient dans leur livre « le footbal une nation p. 25-41 » :

« Avec l’extrême médiatisation des compétitions internationales, le football occupe depuis longtemps une place de choix dans les phénomènes d’expression des fiertés nationales, au point que les liens étroits tissés entre football et nation paraissent aller de soi. Pourtant, la définition de l’identité nationale, pas plus que l’incarnation de cette dernière dans une sélection des onze meilleurs joueurs d’un pays, ne procède aucunement d’une évidence naturelle. Désignant à la fois un sentiment d’appartenance et la conscience de faire partie d’un ensemble national, celle-ci est une construction qui s’inscrit dans le temps. »

En Algérie la construction s’est inscrite dans le temps et le football a engendré un sentiment d’appartenance et la conscience de faire partie d’un ensemble national. Ces sentiments de fierté sportive qui fortifient la cohésion d’un pays ont besoin pour s’exprimer d’un théâtre international, car l’identité se définit par opposition à l’autre. Les diverses compétitions mondiales apparues au cours du xxe siècle fournissent la scène sur laquelle se rehausse ou s’affaiblit le prestige des nations.

Nos dirigeants ont-ils pris conscience de cette réalité ? Apparemment non puisque on ne pesait pas de tout le poids que possède notre pays pour protéger notre équipe nation, surtout au niveau de la compétition phare, en l’occurrence la coupe d’Afrique des nations organisée et dirigée par une confédération où la magouille, la corruption et les complots sont de mise depuis sa création.

Notre équipe nation n’a jamais été protégée contre ce qui se trame contre elle et ce depuis toujours : de l’arbitrage sciemment dressé contre nous , au terrain catastrophique sur lesquels on nous fait jouer.

La dernière machination en date est la coupe d’Afrique actuelle au Cameroun :
Comment peut-on expliquer qu’on fasse jouer un champion en titre dans un terrain catastrophique ?

Marc Yinda spécialiste du gazon de nationalité camerounaise et impliqué dans la construction et l’entretien de plusieurs pelouses du Cameroun, déclare que la dégradation du terrain du grand stade de la capitale économique du Cameroun ne l’a pas surpris.

Pour lui, l’entreprise qui a implanté le gazon n’a pas respecté les normes. L’expert dénonce aussi l’indifférence des autorités en charge de l’organisation de la CAN face à ses alertes.

Comment peut-on expliquer la désignation d’un arbitre venant d’un pays de l’Amérique latine parlant la même langue que l’équipe adverse ?

Comment peut-on expliquer que comme par hasard le VAR cesse de fonctionner au cours de notre match ? Conséquence : un penalty valable non sifflé et un hors-jeu sifflé pour un but valable.

Comment peut-on faire jouer notre équipe nation juste derrière un autre match joué à un intervalle de moins d’une heure ? Alors qu’il est connu techniquement et scientifiquement, qu’un terrain de football ne peut recevoir que 3 heures par semaine.

Comment peut-on obliger notre équipe nation à jouer son dernier match sur ce même terrain malgré la demande expresse de le délocaliser ? Alors que juste après il va être fermé.

Comment peut-on expliquer qu’un Kofi Kodja soit désigné président de la commission d’arbitrage au niveau de la CAF actuelle ?

Alors qu’il a fait l’objet d’un scandale, on nous mettant 4 joueurs dehors avec des cartons rouges imaginaires pour faire passer l’équipe adverse. Cela veut dire tout simple qu’il a été corrompu avec preuve.

Contre toutes ces machinations, notre équipe nation n’a pas trouvé de défenseur,  à commencer par notre FAF, qui d’ailleurs a toujours été incapable de s’imposer au niveau des instances de la confédération Africaine.

Tant que l’Algérie ne pèse pas de tout son poids pour faire changer les choses, notre équipe nation qui donne beaucoup de fierté à notre peuple et rehausse notre notoriété et notre prestige restera victime de ce genre de complots pour nous casser, sachant ce que vaut cela en terme de vengeance de la part de nos ennemis et la joie que cela leur procure en nous voyant éliminés.

Les liesses exprimées par un  de nos voisins via les réseaux sociaux est éloquent.

Il ne faut donc pas blâmer nos joueurs et surtout pas Djamel Belmadi. Ils ont fait de leurs mieux malgré tous ces aléas. Au contraire ils sont à féliciter et à glorifier pour leur courage et leurs sacrifices en mettant leurs carrières en danger pour venir jouer pour leur nation, dans des conditions pareilles.

La médaille du mérite national doit leur être décernée à leur retour, avec la promesse ferme, pour une protection accrue, en utilisant tous les moyens possibles car il s’agit réellement d’une équipe nation et non d’une simple équipe de football.

A bon entendeur…

Docteur Rafik Alloui

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